Emploi

Concilier travail et visite chez le médecin : pas évident !

La difficulté à s’absenter du travail pousse de nombreux travailleurs belges – en particulier les plus vulnérables - à renoncer à certains rendez-vous médicaux, révèle une enquête européenne.  

Publié le: 27 mars 2025

Mis à jour le: 03 avril 2025

Par: Barbara Delbrouck

2 min

Une homme souffre du dos au travail mais ne peut s'absenter pour aller chez le médecin

Photo : © Adobe Stock // Les ouvriers ont souvent plus de mal que les employés à s'absenter du travail pour un rendez-vous médical.

Un travailleur belge sur cinq renonce à un rendez-vous ou traitement médical nécessaire au-moins une fois par an, à cause de divers obstacles. Pour 17 % d'entre eux, c'est la difficulté à s'absenter du travail qui est évoquée, alerte le Brussels Institute for Social and Population Studies (Brispo). Ce centre de recherche de la VUB a analysé les chiffres de l’enquête European Social Survey sur les inégalités de santé en Europe.  

Les travailleurs les plus vulnérables (revenus faibles, pas de diplôme, moins d'autonomie, conditions de travail néfastes…) sont d'autant plus touchés par cette problématique, parce qu'ils n'ont pas le droit de s'absenter du travail. Les ouvriers signalent cet obstacle plus fréquemment que les employés, tandis que les managers y sont moins confrontés que les deux autres groupes. 

Un motif d’absence sans revenus garantis 

En Belgique, certains employeurs sont conciliants de manière informelle ou via leur règlement de travail. Mais la loi ne prévoit pas que les travailleurs puissent s'absenter pendant leurs heures de travail pour un rendez-vous médical, sauf quelques exceptions et sous certaines conditions (grossesse, visite chez le médecin du travail, soin lié à un accident du travail…). Ils sont censés les programmer en dehors des heures de travail. Si ce n'est pas possible, alors c'est permis mais avec une perte potentielle de salaire. … 

Pour remédier à cette problématique qui entrave les politiques de prévention et renforce les inégalités, le BRISPO recommande l'adaptation de la législation sur les absences au travail pour raisons médicales, en prenant en compte ces constats.  

Les autres principaux freins aux soins médicaux évoqués par les travailleurs belges sont la liste d'attente trop longue (35%) et l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous (29%), liés aux pénuries de soins, ainsi que l'accessibilité financière (14%).