Soins de santé

L'accès aux soins périnataux, pas une sinécure

Une récente enquête de la MC révèle que l'accès aux soins pré et postnataux reste difficile pour de nombreuses mères, en particulier les plus vulnérables. 

Publié le: 24 mars 2025

Mis à jour le: 27 mars 2025

Par: Julien Marteleur

3 min

une femme enceinte dans un couloir d'hopital

Photo: © AdobeStock // L’accessibilité financière doit être élargie à tous les soins autour de la naissance, plaide la MC.

Même en Belgique, l'accessibilité des soins autour de l'accouchement reste un défi majeur. Le manque d'information, le coût élevé des soins et des séjours hospitaliers ou, plus simplement, le manque de temps sont les principaux freins à un bon accompagnement périnatal au niveau médical, révèle la dernière enquête de la MC sur la question.

Le sondage, réalisé auprès de 3.000 mères membres de la MC ayant accouché entre 2022 et 2023, confirme les résultats d'études précédentes : les mamans ou futures mamans les plus vulnérables font davantage l'impasse sur ces soins. 

Les BIM plus exposées

Ce sont les femmes bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM) qui "raccourcissent" le plus leur trajet de soins. Le manque d'information est une raison importante de ce non-recours. Les mères BIM sont par exemple moins souvent au courant qu'elles peuvent consulter un kinésithérapeute en pré ou postnatal, contrairement aux mères non-BIM. 76 % des mères BIM ont consulté une sage-femme avant l'accouchement, contre 88 % des mamans ne bénéficiant pas de l'intervention majorée. "De manière générale, ces femmes ont souvent trop peu de temps pour prendre soin d'elles, devant gérer de nombreux problèmes quotidiens en plus de leur grossesse: les autres enfants, la tenue du ménage, etc. Cela met une pression supplémentaire sur leurs épaules", déplore Elise Derroitte, vice-présidente de la MC. 

Après l'accouchement, ces mamans BIM séjournent plus souvent que la moyenne en chambre double, ce qui impacte leur repos et leur bien-être à l'hôpital. Elles quittent d'ailleurs leur chambre plus rapidement en raison de l'inconfort ressenti et des frais d'hospitalisation élevés.

Il faut mieux informer les futures mamans sur les soins disponibles avant et après l’accouchement, et faciliter le processus administratif lié au congé parental.

Elise Derroitte, vice-présidente de la MC

L'accessibilité financière, un éternel point noir

Selon l'enquête, seules 6 femmes sur 10 trouvent les soins périnataux abordables. Si les sage-femmes et les médecins généralistes sont considérés comme accessibles par 80 à 90 % des répondantes, la multiplication des tickets modérateurs et des suppléments pour les prestataires non conventionnés — souvent des gynécologues — mène à des ardoises salées. Trop peu de prestataires de soins sont conventionnés. "Si rien n’est fait, on se dirige vers une situation où l’accouchement deviendra impayable pour certaines catégories de personnes", avertit Elise Derroitte. 

Des pistes à explorer

Que faire pour éviter ce "partage des eaux" qui peut avoir de sérieuses conséquences, quand on sait que les 1.000 premiers jours d'un enfant sont aujourd'hui considérés comme une phase cruciale de son développement ? 
D'abord, l’accessibilité financière doit être élargie à tous les soins, selon Elise Derroitte, qui appuie une fois de plus sur la nécessité d'étendre le taux de conventionnement des prestataires. "Il faut aussi mieux informer les futures mamans sur les soins disponibles avant et après l’accouchement. Et, en parallèle, simplifier et faciliter le processus administratif lié au congé parental." Progressivement, le droit au congé de naissance doit être étendu à une durée d'un an répartie entre les deux partenaires. Après l'accouchement, les mères devraient bénéficier d’un aménagement de leur temps de travail tout en bénéficiant de services de garde d’enfants financièrement abordables.

Enfin, le séjour en maternité doit devenir un moment propice à la sérénité :"Chaque femme devrait pouvoir choisir une chambre individuelle si elle le souhaite, sans coûts supplémentaires, ​afin de débuter cette nouvelle étape dans les meilleurs conditions", conclut Elise Derroitte.