Infections sexuellement transmissibles : comment se protéger des IST ?

Les infections sexuellement transmissibles (IST) augmentent depuis plusieurs années en Belgique. Comment vous protéger et protéger vos partenaires des IST ? Retrouvez plus d'informations sur les causes, les symptômes, le dépistage et les traitements.

Augmentation des IST : quelques chiffres

En Belgique, les comportements protecteurs vis-à-vis des infections sexuellement transmissibles et du VIH/SIDA s’arrêtent trop tôt. Depuis plusieurs années les infections sexuellement transmissibles (IST) sont en augmentation

En août 2025, Sciensano tirait la sonnette d’alarme sur les diagnostics de contaminations pour 3 infections sexuellement transmissibles en 2024 :   

  • la chlamydia reste l’IST la plus fréquente, elle touche majoritairement les femmes de moins de 30 ans (210 cas pour 100 000 femmes). À noter que pour la première fois depuis 2020, le nombre de contamination a diminué de 10 %.
  • + 6 % pour la gonorrhée - principalement chez les hommes entre 20 et 39 ans (153 cas pour 100 000 habitants).
  • + 12 % pour la syphilis - principalement chez les hommes homosexuels de 20 à 59 ans (82 cas pour 100 000 habitants).

3 infections virales sous surveillance

  • Hépatite C : chaque année, 1500 personnes sont infectées par le virus de l’hépatite C.
  • Papillomavirus (HPV) : plus de 700 cas de cancer du col l’utérus sont diagnostiqués chaque année. Pratiquement la totalité d’entre eux sont dus à une infection par le papillomavirus (HPV).
  • VIH/SIDA : en 2024, 662 personnes ont été diagnostiquées avec le VIH en Belgique. Ce chiffre est stable par rapport à 2023, qui avait connu une augmentation de 13 % par rapport à 2022. Le nombre de diagnostics de VIH augmente donc pour la quatrième année consécutive et marque la fin de la tendance à la baisse observée depuis 2018. L'institut estime que cette hausse est notamment en lien avec celle des infections liées à gonorrhée et à la chlamydia, car les personnes atteintes d’une IST sont plus à risque d’infection par le VIH si elles y sont exposées.

Comment savoir si on a une IST ?

Les principaux symptômes des IST sont :

  • la fièvre
  • des douleurs dans le bas ventre
  • des écoulements anormaux au niveau des organes génitaux
  • des rougeurs des organes génitaux
  • des éruptions cutanées
  • un chancre (petit bouton avec un trou non douloureux)

Mais le plus souvent, la personne affectée est asymptomatique – c’est-à-dire qu’aucun signe extérieur ne révèle la présence de l’infection. C’est pour cela qu’il est important de se dépister pour éviter de contaminer son/sa partenaire et prévenir d’éventuelles complications (inflammation pelvienne, stérilité, atteintes neurologiques et cardiologiques, voir le développement de l’enfant à naître en cas d’affection pendant la grossesse). 

Liste des IST

Il existe une trentaine d'infections sexuellement transmissibles d’origine bactérienne, virale, fongique ou parasitaire :

IST bactériennesIST viralesIST fongiquesIST parasitaires
ChlamydiaHerpèsCandidoseTrichonomase 
GonorrhéeVerrues génitales Vaginalis
SyphilisVIH Poux pubiens
Vaginose bactérienneHépatites Gale

Dépistage et traitement : comment agir pour se protéger des IST ?

Oser en parler entre partenaires

"Sucette enrobée, plaisir protégé". La Plateforme Prévention Sida mène une campagne de prévention grand public contre les IST et le VIH/SIDA. Les messages adoptent un ton ludique et positif pour surmonter les tabous et les perceptions négatives autour des comportements protecteurs

Comment ouvrir la discussion ?

Se protéger en utilisant des préservatifs

Utiliser des préservatifs internes (féminin) ou externes (masculin) pour se protéger et protéger ses partenaires. Souvent l’usage du préservatif s’arrête trop tôt, alors que les partenaires n’ont pas réalisé les tests de dépistage nécessaires. 

En savoir plus

Se faire dépister régulièrement

Faites-vous dépister régulièrement si vous changez souvent de partenaires, et rapidement après un rapport sexuel non protégé. Un test de dépistage peut se faire chez votre médecin généraliste, dans un centre de dépistage, un centre de planning familial, ou une maison médicale.

Où se faire dépister ?

S’informer sur les traitements et se soigner

La plupart des IST peuvent être combattues si elles sont soignées à temps, sauf le VIH ou l’hépatite B qui deviennent des maladies chroniques nécessitant un traitement à vie. 

Pour le VIH/SIDA, la PrEP (pré Exposition Prophylaxie) est un nouveau traitement préventif destiné aux personnes séronégatives exposées au VIH/SIDA (notamment hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, travailleurs et travailleuses du sexe et leurs partenaires, usagers de drogues).

A noter : Un vaccin existe pour lutter contre l’ensemble des cancers causés par les papillomavirus, il est gratuit pour les enfants de 13-14 ans. 

Le dépistage IST en pratique

Comment se fait le dépistage des IST ? Les méthodes varient selon l'infection :

  • Prise de sang

    Pour dépister le VIH, l'hépatite et la syphilis.

  • Tests rapides à résultat immédiat

    Pour dépister le VIH, la syphilis et l'hépatite C. 
    Aussi appelé test rapide d'orientation diagnostique (TROD), il peut être réalisé par du personnel non médical formé au dépistage. Certaines associations, centres de planning familial et centres médicaux les proposent gratuitement et de manière anonyme. Il est aussi disponible sous forme d'auto-test en pharmacie pour un prix variant autour de 30 €. Il est nécessaire de respecter un délai de 12 semaines entre le test et la date du rapport à risque. 

  • Frottis gynécologiques

    Recommandé et remboursé tous les 3 ans, chez une sage-femme ou un gynécologue, pour diagnostiquer les lésions à papilloma, la chlamydia, la gonorrhée et la trichomonas.

  • Prélèvements urinaires

    Pour dépister la chlamydia et la gonorrhée.

  • Signe clinique

    Pour dépister l'herpès génital, la syphilis, la chlamydia, le HPV, la trichomonas.